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  • You, me, everyone

    J'entame ma deuxième semaine des vacances. En général, je poste davantage que pendant les semaines où je travaille. Et là, même pas. J'ai pourtant des idées de notes. J'ai juste la flemme de les écrire en fait je crois. J'ai passé une semaine sans ouvrir mon sac de cours, et c'était presque le bonheur parfait. Je suis allée boire des cafés en ville, j'ai fait un peu de shopping. J'ai été époustouflée par Natalie Portman et Black Swan. J'ai aussi vu "Toi, moi, les autres", qui est une grosse daube comme c'était prévisible, mais c'était juste pour Benjamin Siksou (je suis faible) (avec une carte UGC illimitée) (et je suis toujours sous son charme) (peut-être même plus qu'avant). J'ai bu des théières entières, assise dans mon canapé, le chat lové sur mes genoux, en regardant des dvd. J'ai bouquiné dans mon lit. J'ai twitté. J'ai parlé trop longtemps au téléphone avec BFF.

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  • Ladder to the sun

    Mais, au fait, je n'en ai pas encore vraiment parlé ici. Je crois que j'ai encore du mal à réaliser. Je ne sais pas si j'y crois encore vraiment. Après plusieurs rendez-vous manqués, après des centaines de vidéos regardées sur YouTube avec un pincement au coeur, et les photos collectionnées soigneusement dans mon disque dur. Après tout ça, enfin. 

    Coldplay. Arras. Le 3 juillet. J'y serai(s)*.

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    ¤¤¤

    (ça valait bien une note non ?)

    * oui, au conditionnel. sait-on jamais... je préfère rester prudente...

  • Morning glory

     

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    Les chiffres rouges du radio-réveil bougent. "Bonjour, il est 6 heures, vous êtes bien sur France Inter". Quelques secondes plus tard, c'est le portable et les premières notes de Ludlow d'AaRON qui me font réaliser qu'il est l'heure de s'arracher à la chaleur de la couette. Le chat suit mes mouvements. Un grand verre d'eau. Regard dans le miroir. Mine fatiguée, cheveux mêlés. Les nouvelles du monde s'égrènent  pendant que je laisse l'eau chaude couler dans mon dos. Une tasse de thé à porté de main, le lisseur dans l'autre. Une paire de collants, une robe dont j'oublie la ceinture et m'en aperçois une fois arrivée devant la porte de l'ascenseur. Entre temps, ce reportage effrayant sur l'avortement dans le Dakota du Sud et cette notion d'assassinat justifié. Six étages plus bas, je mets la clé de contact et prends la route. 7h13. Voie rapide, autoroute. Péage. Et la nouvelle chanson des Strokes, écoutée par curiosité. Qui se révèle à la fois excellente et parfaite pour se réveiller un peu sur la route. 7h40. Salle des profs, café et photocopie. Attendre la sonnerie assise sur les fauteuils bleus en écoutant ma collègue me raconter les oraux blancs . 8h09. Billet d'appel déposé sur la porte. "Rappelez-moi ce que nous avons vu en cours hier". Corriger les questions sur l'abbaye de Fontenay. Résumé sur les ordres monastiques au XIIe siècle. Sonnerie. "Bonnes vacances Mme". Sonnerie. Deuxième heure. Finir de faire passer les élèves sur une ONG. Finir le cours sur la mondialisation. Sonnerie. "Bonnes vacances Mme". Récréation. Café. Le rire sonore de ma collègue P. qui résonne et entraîne tout le monde. Sonnerie. Retrouver pour la dernière fois jusqu'en avril, vacances et stage oblige, ma classe chouchoute. Travailler dans le calme et la bonne humeur, et les sentir angoissés par leur oral blanc de français, et leur donner quelques conseils d'oraux datant du CAPES. Sonnerie. La faim qui apparaît. S'arrêter papoter dix minutes dans le bureau avec une CPE. Repas commerce équitable. Thé vert. Discussions à bâtons-rompus. Sonnerie. Dernière heure. Rester quelques minutes de plus pour remonter les bretelles à une élève. Jouer à la méchante prof' principale. Ranger la salle. Fermer l'armoire. Effacer le tableau. Refermer la porte rouge pour une quinzaine de jours. Avant de partir, monter les trois étages pour amener un thé à collègue-copine qui fait passer les fameux oraux. Reprendre la voiture. Courses. Péage. Fêter les vacances avec thé et macarons. Et pouvoir enfin souffler un peu.

     

  • So young

     

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    Ma vie, c'est pas une comédie romantique. Parce que dans les comédies romantiques, la pluie, c'est beau. On y retrouve l'être aimé, désiré et tant espéré, on lui saute dans les bras. Musique. Gros plan. Baiser. Alors que dans la vraie vie, la pluie, ça mouille les chaussures et ça fouette le visage, et ça décoiffe les mèches si patiemment lissées quelques heures plus tôt.

    Voilà, tout ça pour dire qu'aujourd'hui, c'était la Saint-Valentin. Et ça, mes charmants élèves se sont empressés de me le rappeler dès la première heure de cours à 8h. Il n'a fallu qu'une remarque malheureuse sur les vêtements de K., d'habitude en jean / basket, et qui arrive en costume / chemise blanche. "Bah oui Mme c'est la Saint-Valentin aujourd'hui". (bon en fait, K. fait un extra ce soir, c'est pour ça qu'il était bien habillé). On va également passer sur E., au potentiel beau-gosse très assumé (oui, bon, moi les bruns mal rasés, c'est mon truc, que voulez-vous) qui m'a sorti un "alors Mme, votre chéri il vous offre quoi pour la Saint-Valentin ?". Ce à quoi j'ai répliqué (sèchement) que, primo il était juste que 8h du matin, et deuxio que de toute façon, ça ne le regardait pas.

    Non, c'était pas le pire...

    Depuis quelques semaines, la porte de ma salle, et accessoirement "ma" portion du couloir, et tous les recoins du lycée en fait, sont devenus le théâtre de ce que j'appelle désormais les Feux de l'amour, version Toques blanches. Précisons que j'ai à peu près la moitié des classes du lycée, donc beaucoup beaucoup d'élèves. Donc beaucoup de couples. Et je dois dire que depuis quelques semaines, mon taux de couple inter-classe a littéralement explosé. Il y a eu le voyage en Angleterre, il y a l'internat aussi. Bref, j'ai de tout. Beaucoup de 1ère avec des Terminale, des Bac Pro' qui se mélangent entre classes, et j'ai même un couple de filles. Ça se bécote dans tous les recoins. Mais surtout, bien malgré moi, ma salle (enfin ma porte et "ma" portion de couloir) sont devenus le point de rencontre n°1. Et voilà que ça s'attend à la fin des cours, que ça vient se chercher pour s'accompagner à sa salle et ainsi de suite. Le plus drôle reste quand même le lundi après-midi. J'ai deux heures de cours avec la même classe, et grâce à mon bonté sans limites (et surtout  grâce à ma petite vessie), je les laisse souffler le temps de l'inter-classe. Tous les lundis donc, j'ouvre la porte à 14h et là, j'assiste émue aux "retrouvailles" de trois de mes couples qui se bécotent allégrement le temps de la pause. Une collègue m'a suggéré d'accompagner l'ouverture de la porte chaque lundi d'une musique de soap-opera. L'idée est tentante. Bref, inutile de vous préciser qu'aujourd'hui, les "retrouvailles" étaient encore plus chaleureuses que d'habitude...!

    J'avoue, avec ma collègue M., on prend un malin plaisir à cancaner sur nos élèves et sur leurs histoires d'amour. Il faut dire que chez les Toques Blanches, il y a de quoi de mener une enquête sociologique sur les jeunes et leurs relations amoureuses. Même si parfois, j'avoue être un peu effrayée par ce que j'apprends, notamment sur leur précocité sexuelle (la moyenne d'âge de 17 ans, si je parlais comme les jeunes je dirais juste LOL) et leur vie qui ressemble parfois trop à celle d'adultes (et là, je pense à l'avortement, j'ai quand même deux gamines de 14/15 ans qui ont été ou sont confrontées à ça).

    Enfin, j'ai quand même fini la journée en me disant que je préfère être célibataire que de recevoir une bague de la part d'A., 17 ans, qui pense que de toute façon, une femme, ça reste à la maison, ça se tait et ça élève les enfants.